zweigAu soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l'aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fasciné par la personnalité d'un de ses professeurs ; l'admiration et la recherche inconsciente d'un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d'idolâtrie, de soumission et d'un amour presque morbide.

Je viens de terminer la lecture de ce court roman, après avoir lu une série d'auteurs plus contemporains et j'ai apprécié ce retour à une écriture ciselée et aux phrases harmonieuses que l'on aurait plaisir à lire à haute voix.
On sent tout au long de ce récit naître et croître des sentiments puissants entre ces deux êtres, et ce n'est qu'à la fin du roman que l'auteur dévoilera l'ambiguité des sentiments du professeur envers son élève sans que ne soit réellement évoquée son homosexualité.

Dans ce récit réside tout l'art de Stephan Zweig d'aborder en finesse un sujet dont pour l'époque il était inconcevable de prononcer le nom.

 Citation extraite : Aucune souffrance n'est plus sacrée que celle qui par pudeur n'ose pas se manifester.